Très prisés au sein de l’assurance-vie, les fonds en euros représentent près de 70 % des sommes investies au total via les contrats ouverts en France.
Toutefois, les fonds en euros peinent encore à maintenir le pouvoir d’achat de l’épargne malgré l’augmentation récente des taux d’intérêt.
En effet, les investisseurs qui choisissent d’investir dans un fonds en euros placent la majorité de leur argent dans des obligations d’État et d’entreprise.
Et les taux d’intérêt ne compensent pas toujours la hausse du coût de la vie, comme ce fut le cas de 2021 à 2023.
Découvrez dans ce guide complet tout ce qu’il faut savoir sur le fonds en euros.
Fonds en euros : définition
Qu’est-ce qu’un fonds en euros ?
Un fonds en euros est un support d’investissement qui :
- garantit le capital ;
- capitalise les intérêts ;
- empêche le capital de baisser ;
- conserve l’argent disponible (via un contrat d’assurance-vie).
Géré par une compagnie d’assurance, celle-ci garantit les sommes placées dans le fonds en euros (hors frais prélevés par la compagnie d’assurance).
La garantie du capital signifie que les montants retirés ne peuvent pas être inférieurs aux sommes placées dans le fonds.
Un fonds en euros est une support d’investissement disponible au sein d’un contrat d’assurance-vie, de capitalisation ainsi que d’un plan d’épargne retraite.
En investissant dans un fonds en euros :
- vous ne supportez aucun risque de perte en capital (garantie totale ou garantie partielle allant de 96 à 98 %) ;
- les intérêts sont capitalisés mais leur montant varie chaque année ;
- et vous avez l’assurance de récupérer au minimum les sommes investies.
En cas de faillite de l’assureur, le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) garantit jusqu’à 70 000 € l’argent placé dans un fonds en euros via un contrat d’assurance-vie ou de capitalisation.
Un fonds en euros pour quels objectifs ?
Un fonds en euros est destiné à préserver un capital existant.
Au sein d’un contrat d’assurance-vie ou de capitalisation, un fonds en euros permet de constituer une épargne de précaution disponible en quelques jours. Cette épargne de précaution peut représenter l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses en fonction de vos besoins et de votre situation.
Au-delà, conserver des sommes d’argent trop importantes dans un fonds en euros crée un coût d’opportunité :
- vous mobilisez inutilement de l’argent dont vous n’avez pas immédiatement besoin ;
- cet argent pourrait vous rapporter beaucoup plus en le plaçant ailleurs.
Un fonds en euros peut également permettre de préparer une dépense à court ou moyen terme. Une somme peut être conservée dans le fonds pour financier les frais de scolarité des enfants ou encore constituer un apport pour un achat immobilier.
Au sein d’un plan d’épargne retraite, un fonds en euros permet de sécuriser une partie du capital, de réduire la volatilité globale du portefeuille et de bénéficier d’une rémunération grâce aux intérêts versés.
À la différence d’un contrat d’assurance-vie ou de capitalisation où l’argent reste disponible en cas de besoin, l’argent placé dans le fonds en euros d’un plan d’épargne retraite est bloqué jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé).
Un plan d’épargne retraite en gestion pilotée consacre généralement une part croissante du capital au fonds en euros à mesure que l’assuré se rapproche de sa date de départ à la retraite. Cette allocation permet de réduire le risque d’une baisse de la valeur du plan à l’approche de sa liquidation.
Allocation d’actifs d’un PER en gestion pilotée
| Nombre d’années avant la liquidation du plan | Jusqu’à 10 ans avant | À partir de 5 ans avant | À partir de 1 an avant |
| Fonds en euros | 80 % | 90 % | 98 % |
| Fonds actions | 12 % | 6 % | 1,2 % |
| Fonds obligataire | 8 % | 4 % | 0,8 % |
Fonctionnement d’un fonds en euros
L’assureur verse des intérêts
Les différents actifs dans lesquels la compagnie d’assurance place l’argent des investisseurs rapportent plusieurs revenus, principalement :
- des intérêts (obligations) ;
- des dividendes (actions) ;
- et des loyers (immobilier).
De plus, l’assureur peut réaliser des plus-values lors de la revente des différents actifs.
Ensuite, le Code des assurances impose aux compagnies d’assurance de reverser aux souscripteur au moins 85 % des bénéfices du fonds en euros (revenus + plus-values).
La compagnie d’assurance peut s’engager à verser tous les ans :
- un taux minimum garanti (TMG) ;
- et un complément de participation aux bénéfices (non garanti).
Le taux minimum garanti est le taux de rendement minimum que votre assureur peut s’engager à vous servir. Et il peut vous verser en plus un complément de participation aux bénéfices.
L’assureur communique alors chaque année le taux de participation aux bénéfices (ou participation aux résultats) du fonds en euros.
Le taux de rendement global d’un fonds en euros correspond au taux minimum garanti auquel on ajoute la participation aux bénéfices (complément), l’ensemble étant net de frais de gestion annuels prélevés par l’assureur.
Le taux de participation aux bénéfices d’un fonds en euros est donc le taux de rendement net de frais de gestion. Il s’agit des intérêts que vous verse votre assureur en fin d’année.
Ainsi, la performance d’un fonds en euros est toujours positive ou nulle (avant prélèvement des frais de gestion par l’assureur).
Maintenant, si vous retirez de l’argent d’un fonds en euros au cours de l’année, votre assureur peut calculer votre rémunération au prorata temporis (du 1er janvier à la date de retrait) sur la base du seul taux minimum garanti.
Un assureur est libre de fixer ou non un taux minimum garanti pour un fonds en euros.
Exemple du fonds en euros du contrat d’assurance-vie Carrefour Horizons
Extrait du relevé annuel du contrat d’assurance-vie Carrefour Horizons : « Pour l’année 2024 :
- le taux de rendement des actifs est de 2,21 % ;
- le taux des frais de gestion de votre contrat est de 0,50 % ;
- le taux de rendement net des frais de gestion (brut des taxes et des prélèvements sociaux et fiscaux) est de 1,70 %.
Le taux minimum garanti annuel pour 2025 est de 1,02 %. Le taux des avances pour l’année 2025 est de 2,71 %. »
L’effet cliquet d’un fonds en euros
Les intérêts d’un fonds en euros sont capitalisés : l’assureur ajoute les intérêts gagnés au cours de l’année au montant investi dans le fonds en euros.
Les intérêts s’ajoutent alors au montant investi (le capital) et produisent eux-mêmes des intérêts les années suivantes. On parle également d’intérêts composés.
Ensuite, chaque fois que le capital de votre fonds en euros augmente (argent placé + intérêts gagnés), l’effet cliquet empêche cette valeur de baisser.
Autrement dit, l’effet cliquet garantit que vos intérêts sont définitivement acquis.
Ainsi, la valeur de votre fonds en euros ne peut que monter avec le temps (hors frais de gestion). Votre capital évolue alors par paliers.
Le fonds en euros au sein d’une assurance-vie
Un fonds en euros est un support d’investissement disponible au sein d’un contrat d’assurance-vie.
Une assurance-vie permet :
- en cas de décès, de transmettre jusqu’à 152 500 € au(x) bénéficiaire(s) de votre contrat sans payer de droits de succession ;
- en cas de vie, de placer votre épargne pour financer un projet :
- acheter un bien immobilier ;
- financer les études de vos enfants ;
- disposer d’un complément de revenu une fois à la retraite ;
- si votre contrat a plus de 8 ans, de payer moins d’impôts au moment de retirer de l’argent ;
- d’effectuer des versements libres ou réguliers (programmés) sur votre contrat ;
- de retirer à tout moment une partie ou la totalité de votre argent.
Ensuite, un contrat d’assurance-vie prend la forme soit d’un contrat monosupport, soit d’un contrat multisupport :
- Contrat monosupport : vous placez l’intégralité de votre argent dans un fonds en euros.
- Contrat multisupport : vous pouvez investir votre épargne dans un ou plusieurs fonds en euros ainsi que dans des unités de compte.
D’une part, un fonds en euros vous permet de placer votre argent dans des obligations (près de 80 %) ainsi que dans des actions et dans l’immobilier.
D’autre part, les unités de compte vous permettent d’investir votre argent dans des actions, des obligations, l’or ou encore dans l’immobilier.
Le fonds en euros au sein d’un contrat de capitalisation et d’un PER
Vous pouvez également investir dans un fonds en euros à l’intérieur d’un contrat de capitalisation et d’un plan d’épargne retraite (PER).
Comme pour l’assurance-vie, un contrat de capitalisation prend la forme soit d’un contrat monosupport soit d’un contrat multisupport.
Un plan d’épargne retraite peut prendre la forme d’un contrat multisupport.
Les différents types de fonds en euros
Les fonds en euro classiques
Pour préserver le capital, un fonds en euros « classique » place en moyenne presque 80 % de l’argent des investisseurs dans des obligations d’État et d’entreprise. Bien que ces placements soient peu rémunérateurs, ils permettent à la compagnie d’assurance de garantir aux investisseurs le capital net investi (montant investi + intérêts déjà crédités). L’allocation d’actifs comportent également près de 10 % d’actions et 8 % d’immobilier. Et l’effet cliquet permet au capital de progresser par paliers sans retour en arrière possible.
Les fonds en euros dynamiques
Les fonds en euros dynamiques placent une plus grande part de l’argent des investisseurs dans l’immobilier et les actions qu’un fonds en euros classiques. En moyenne, l’allocation d’actifs comporte 14 % d’immobilier, 10 % d’actions et 70 % d’obligations. Dédier une plus grande part à l’immobilier et aux actions permet aux compagnies d’assurance d’espérer un rendement supérieur à celui des fonds en euros classiques.
Les fonds en euros immobiliers
Les fonds en euros immobiliers placent une plus grande part de l’argent des investisseurs dans l’immobilier qu’un fonds en euros classique. L’immobilier représente près d’un tiers de l’allocation d’actifs contre moins de 10 % au sein d’un fonds en euros classique. À l’inverse, au sein d’un fonds en euros immobilier, les obligations représentent presque la moitié de l’allocation d’actifs contre près de 80 % au sein d’un fonds en euros classique.
À ce jour, les compagnies d’assurance ont fermé à la commercialisation la plupart des fonds en euros immobilier. Generali Vie compte parmi les dernières à commercialiser encore ce type de fonds. Cependant, l’allocation d’actifs de ces fonds tend à se rapprocher de celle d’un fonds en euros classique : l’immobilier au sein du fonds Netissima passe de 23,2 % fin 2022 à 8,9 % fin 2025.
Les fonds Euro-croissance
Réservé à l’assurance-vie, un fonds Euro-croissance place l’argent des investisseurs à la fois dans des obligations et d’autres actifs (actions, immobilier, produits structurés) dans le but d’obtenir une performance supérieure à celle d’un fonds en euros classique.
Les fonds Euro-croissance bénéficient en général d’une garantie du capital à l’échéance fixée à au moins 8 ans. Toutefois, contrairement à un fonds en euros classique, le capital n’est pas garanti et une perte est possible en cas de retrait avant l’échéance.
Les frais de gestion d’un fonds Euro-croissance sont élevés avec un taux proche de 1 % par an contre 0,6 % pour un fonds en euros classique.
Composition et performance
Les assureurs placent l’argent des investisseurs dans différents actifs :
- 50 à 80 % d’obligations (près de 80 % en moyenne) ;
- 5 à 20 % d’actions ;
- 5 à 20 % d’immobilier ;
- 1 à 5 % de placements à court terme (monétaire / liquidités).
Les obligations sont des parts d’emprunts émis par des États, des collectivités territoriales ou des entreprises :
- Vous prêtez votre argent à l’émetteur en achetant une obligation.
- En retour, l’émetteur s’engage à vous rembourser à une certaine date.
- Le plus souvent, l’émetteur vous verse des intérêts jusqu’au remboursement de l’emprunt.
En moyenne, les fonds en euros placent plus de 2/3 de l’argent des investisseurs dans des obligations d’État et d’entreprise.
Ainsi, en investissant dans un fonds en euros, vous placez la majorité de votre argent dans des obligations.
Les assureurs publient généralement l’allocation d’actifs de leurs fonds en euros. Le niveau de détail sur la composition du fonds varie selon les établissements.
Le rapport de gestion annuel, le document d’informations clés ou encore la documentation commerciale peuvent contenir ces informations.
Notre conseil : Avant de placer votre argent dans un fonds en euros, consultez le rapport de gestion de l’assureur pour connaître sa composition.
Les émetteurs d’obligations « investment grade »
Des agences de notation (Fitch Ratings, S&P Global Ratings, Moody’s) attribuent une note de crédit aux émetteurs d’obligations. Cette note évalue la probabilité que les émetteurs remboursent leurs emprunts.
La catégorie « investment grade » rassemble des émetteurs qui présentent un risque de non remboursement allant de relativement faible à modéré. Les agences de notation attribuent aux émetteurs de cette catégorie une note comprise entre AAA et BBB.
Ensuite, au sein d’un fonds en euros, les compagnies d’assurance placent l’argent des investisseurs dans des obligations d’émetteurs de cette catégorie.
En moyenne, la note de crédit des émetteur est A+. Il s’agit de la note à mi-chemin entre la meilleure note (AAA) et la moins bonne (BBB) de la catégorie.
Ainsi, les compagnies d’assurance placent l’argent des investisseurs dans des obligations émises par des États et des entreprises évalués avec un risque relativement modéré de ne pas rembourser leurs emprunts.
Remarque : La note de crédit de la France s’est considérablement dégradée ces dernières années. Jusqu’en 2011, la France conservait la note maximale (AAA/aaa) ce qui positionnait le pays parmi les emprunteurs les plus sûrs au monde. En 2012, S&P Global Ratings abaisse la note à AA+ et Moody’s à Aa1. En 2013, S&P descend à AA et Fitch Ratings, qui suit avec un an de retard, passe de AAA à AA+ puis à AA en 2014 et enfin à AA- en 2023. Moody’s dégrade à nouveau la note à Aa2 en 2015 puis à Aa3 en 2024. La dégradation s’accélère en 2024 : S&P Global Ratings descend à AA-. En 2025, FitchRatings et S&P dégradent encore la note à A+ tandis que Moody’s maintient Aa3.
Rendement des fonds en euros
France Assureurs ainsi que l’ACPR publient chaque année le taux de rendement moyen des fonds en euros (supports en euros) :
- 2021 : +1,3 % ;
- 2022 : +1,9 % ;
- 2023 : +2,6 % ;
- 2024 : +2,6 % ;
- 2025 : +2,6 %.
France Assureurs publie ce taux de rendement net de frais de gestion prélevés par l’assureur. Toutefois, le taux reste brut de prélèvements sociaux et d’inflation.
Pour connaître le gain en termes de pouvoir d’achat (taux de rendement réel), vous devez retirer les prélèvements sociaux et l’inflation du taux de rendement brut :
- Étape 1 : retirez les prélèvements sociaux :
2,6 % × (1 – 17,2 %) = 2,15 % net de prélèvements sociaux
Le rendement net de prélèvements sociaux est le taux effectivement versé par la compagnie d’assurance aux investisseurs.
- Étape 2 : retirez l’inflation :
(1 + 2,15 %) / (1 + 0,9 %) – 1 = 1,24 % de rendement réel
Le taux de rendement réel des fonds en euros en 2025 est de +1,24 % (arrondi à 1,2 %). Ce taux mesure le gain ou la perte en termes de pouvoir d’achat :
- Si le rendement réel du fonds en euros est supérieur à zéro, votre épargne a gagné du pouvoir d’achat.
- À l’inverse, si le rendement réel est inférieur à zéro, alors votre épargne a perdu du pouvoir d’achat.
Rendement réel des fonds en euros
| Année | Rendement net de frais de gestion de l’assureur | Rendement net de prélèvements sociaux | Taux d’inflation | Rendement réel |
| 2013 | 2,8 % | 2,4 % | 0,9 % | 1,5 % |
| 2014 | 2,5 % | 2,1 % | 0,5 % | 1,6 % |
| 2015 | 2,3 % | 1,9 % | 0,0 % | 1,9 % |
| 2016 | 1,9 % | 1,6 % | 0,2 % | 1,4 % |
| 2017 | 1,8 % | 1,5 % | 1,0 % | 0,5 % |
| 2018 | 1,8 % | 1,5 % | 1,9 % | -0,4 % |
| 2019 | 1,5 % | 1,2 % | 1,1 % | 0,1 % |
| 2020 | 1,3 % | 1,1 % | 0,5 % | 0,6 % |
| 2021 | 1,3 % | 1,1 % | 1,6 % | -0,5 % |
| 2022 | 1,9 % | 1,6 % | 5,2 % | -3,4 % |
| 2023 | 2,6 % | 2,2 % | 4,9 % | -2,6 % |
| 2024 | 2,6 % | 2,2 % | 2,0 % | 0,1 % |
| 2025 | 2,6 % | 2,2 % | 0,9 % | 1,2 % |
Source du taux de rendement des fonds en euros net de frais de gestion : France Assureurs
Source du taux d’inflation : INSEE
Calculer le gain ou la perte de pouvoir d’achat
Prenons le cas où vous placez 10 000 € dans un fonds en euros le 1er janvier 2022 :
- À la fin de l’année, le fonds en euros vous rapporte 1,9 % net de frais de gestion.
- Le taux de rendement atteint 1,57 % en retirant les prélèvements sociaux : 1,9 % × (1 – 17,2 %).
- Le rendement réel est négatif après déduction de l’inflation : (1 + 1,57 %) / (1 + 5,2 %) – 1 = -3,45 %.
Présenté autrement, vos 10 000 € vous permettaient d’acheter une certaine quantité de biens et de services début janvier :
- Au cours de l’année, les prix ont augmenté de 5,2 % (taux d’inflation).
- Vous avez désormais besoin de 10 520 € (10 000 + 5,2 %) pour acheter la même quantité de biens et de services fin décembre.
Dans le même temps, le fonds en euros vous a rapporté 1,57 % (taux de rendement net de prélèvements sociaux) :
- Les 10 000 € placés dans le fonds le 1er janvier atteignent 10 157 € (10 000 + 1,57 %) fin décembre.
Ainsi, les intérêts générés par le fonds en euros ne suffisent pas à compenser l’effet de l’inflation :
- Vous auriez besoin de 10 520 € fin décembre pour conserver le même pouvoir d’achat que début janvier.
- Or vous ne disposez que de 10 157 €.
Un fonds en euros n’a donc pas permis de préserver le pouvoir d’achat de votre épargne en 2022. En effet, les intérêts versés ne compensent pas la hausse du coût de la vie.
Trois années de pertes difficiles à compenser (2021-2023)
Le pouvoir d’achat de votre épargne aurait baissé trois années de suite en investissant dans un fonds en euros entre 2021 et 2023.
Commençons par calculer le taux de rendement net de prélèvements sociaux :
- 2021 : 1,3 % × (1 – 17,2 %) = 1,07 %
- 2022 : 1,9 % × (1 – 17,2 %) = 1,57 %
- 2023 : 2,6 % × (1 – 17,2 %) = 2,15 %
Ainsi, 10 000 € placés dans un fonds en euros le 1er janvier 2021 atteignent 10 486 € fin décembre 2023 (10 000 × 1,0107 × 1,0157 × 1,0215).
Prenons maintenant en compte la hausse du niveau général des prix au cours de cette période :
- 2021 : +1,6 %
- 2022 : +5,2 %
- 2023 : +4,9 %
Vous auriez eu besoin de 11 212 € (10 000 × 1,016 × 1,052 × 1,049) fin 2023 pour disposer du même pouvoir d’achat qu’avec 10 000 € le 1er janvier 2021.
Les 10 486 € du fonds en euros fin 2023 ne compensent pas la hausse du coût de la vie. Votre épargne a donc perdu du pouvoir d’achat entre 2021 et 2023.
Vous devez désormais obtenir un rendement réel positif plusieurs années de suite juste pour retrouver le pouvoir d’achat de votre épargne de janvier 2021.
Frais d’un fonds en euros
Frais ponctuels
| Frais | Montant ou taux | Description |
| Frais sur versements (frais d’entrée) | 0 à 5 % du montant de la prime versée | Frais déduits par l’assureur sur chaque versement pour rémunérer le distributeur du contrat. Vous pouvez négocier ces frais avec le distributeur. |
| Frais d’arbitrage | 0 à 5 % du montant arbitré | Frais prélevés à chaque réallocation de votre argent au sein des différents supports du contrat d’assurance-vie. |
| Frais de rachat (frais de sortie) | 0 à 5 % du montant retiré | Sur certains contrats, frais prélevés par l’assureur en cas de retrait anticipé ou de clôture du contrat avant son terme. |
Les frais ponctuels réduisent les montants placés au sein d’un fonds en euros.
Avec des frais sur versements de 4 % :
- L’assureur prélève 400 € sur une prime de 10 000 € (10 000 × 0,04) ;
- 9 600 € sont placés sur le contrat net de frais.
Frais récurrents
| Frais | Montant ou taux | Description |
| Frais de gestion du contrat (fonds en euros) | 0,5 à 3 % par an du montant placé (encours) | Frais prélevés chaque année par l’assureur pour gérer l’argent placé au sein du ou des fonds en euros. L’assureur déduit des frais supplémentaires pour la gestion pilotée. |
Fiscalité d’un fonds en euros
Vous ne payez pas d’impôt sur le revenu sur l’argent que vous gagnez avec un fonds en euros tant que vous ne retirez pas d’argent de votre contrat d’assurance-vie, de votre contrat de capitalisation ou de votre Plan d’épargne retraite.
Les intérêts soumis aux prélèvements sociaux
Au sein d’un contrat d’assurance-vie et d’un contrat de capitalisation, votre assureur prélève chaque année les prélèvements sociaux sur l’argent gagné avec un fonds en euros.
Votre assureur vous annonce un taux de participation aux bénéfices (taux de rendement) net de frais de gestion mais brut de prélèvements sociaux :
- votre assureur retire les prélèvements sociaux avant de verser vos intérêts pour l’année écoulée ;
- les prélèvements sociaux s’élèvent actuellement à 17,2 % ;
- ils représentent presque 1/5 de l’argent gagné au cours de l’année.
Prenons le cas où vous placez 10 000 € dans un fonds en euros le 1er janvier. À la fin de l’année, votre assureur vous annonce un taux de participation aux bénéfices de 2,6 % pour l’année écoulée :
- Taux de participation aux bénéfices : 10 000 € × 2,6 % = 260 €
- Montant des prélèvements sociaux : 260 × 17,2 % = 44,72 €
- Intérêts versés : 260 – 44,72 = 215,28 €
Les prélèvements sociaux réduisent ainsi chaque année le montant des intérêts gagnés avec un fonds en euros.
Au sein d’un Plan d’épargne retraite, les prélèvements sociaux sont prélevés sur l’argent gagné avec un fonds en euros uniquement à la sortie.
Moins d’impôts après 8 ans
Votre assureur prélève l’impôt sur le revenu à la source lorsque vous retirez de l’argent de votre fonds en euros. Un retrait d’argent s’appelle un rachat.
Et votre assureur prélève l’impôt sur le revenu sur l’argent que vous avez gagné avec votre fonds en euros (gains ou intérêts distribués).
En cas de rachat, votre assureur prélève l’impôt sur le revenu à hauteur de :
- 12,8 % si votre contrat a moins de 8 ans ;
- 7,5 % si votre contrat a plus de 8 ans.
| Votre contrat a moins de 8 ans | Votre contrat a plus de 8 ans | |
| Taux d’impôt sur le revenu prélevé sur vos gains | 12,8 % | 7,5 % |
Prenons le cas où vous placez 10 000 € dans un fonds en euros au sein d’un contrat d’assurance-vie. Au bout de 10 ans, vous cumulez 2 000 € d’intérêts.
Vous décidez de faire un rachat (retrait) de 1 200 € :
- L’administration fiscale considère que sur vos 1 200 € :
- 1 000 € viennent de vos versements et
- 200 € viennent de l’argent gagné avec votre fonds en euros (intérêts) ;
- Votre assureur prélève l’impôt sur le revenu sur vos 200 € d’intérêts : 200 x 7,5 % = 15 € ;
- Vous retirez donc : 10 000 + 200 – 15 = 10 185 €.
Votre assureur a déjà prélevé les prélèvements sociaux chaque année sur vos gains.
L’abattement annuel
Votre assureur applique un abattement d’impôts annuel si votre contrat d’assurance-vie ou votre contrat de capitalisation a plus de 8 ans.
C’est-à-dire que vous ne payez pas d’impôt sur le revenu si vous retirez entre 0 et 4 600 € par an de gains d’un contrat de plus de 8 ans. Si vous êtes marié ou pacsé, l’abattement annuel sur vos gains atteint 9 200 €.
| Personne seule (célibataire, veuf ou divorcé) | Personnes en couple (mariés ou pacsés) | |
| Abattement annuel | 4 600 € | 9 200 € |
Garanties d’un fonds en euros en cas de faillite de l’assureur
Le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) protège votre argent en cas de faillite de votre assureur.
Si vous avez ouvert une assurance-vie ou un contrat de capitalisation :
- le FGAP garantit l’argent que vous placez dans un fonds en euros (argent versé + intérêts gagnés) jusqu’à 70 000 € ;
- et vous bénéficiez d’une indemnisation plafonnée à 70 000 € pour tous les contrats souscrits auprès d’un même assureur.
Si vous avez ouvert 3 assurances-vie chez un même assureur, l’indemnisation du Fonds de garantie ne dépassera pas 70 000 €. C’est-à-dire que vous pouvez perdre les sommes supérieures à 70 000 € en cas de défaillance de votre assureur.
Vous avez donc tout intérêt à ouvrir des contrats d’assurance-vie auprès de différents assureurs pour bénéficier de la garantie pour chaque assureur.
En cas de faillite de votre assureur, vous êtes indemnisé :
- d’une somme équivalente à la valeur de votre fonds en euros au jour où votre contrat d’assurance-vie cesse d’avoir effet ;
- et le fonds de garantie verse l’indemnité au liquidateur de la société d’assurance dans un délai de deux mois.
Vérifiez si le Fonds de garantie couvre votre société d’assurance en consultant la liste des sociétés adhérentes.
FAQ – Questions fréquentes
Définition
Un fonds en euros est un support d’investissement qui garantit votre capital, capitalise les intérêts, empêche le capital de baisser grâce à l’effet cliquet et conserve l’argent disponible (via un contrat d’assurance-vie). En investissant dans un fonds en euros, vous placez la majorité de votre argent dans des obligations d’État et d’entreprise.
En plus du fonds en euros, les unités de compte constituent le deuxième type de support d’investissement disponible au sein d’un contrat d’assurance-vie multisupport ou d’un plan d’épargne retraite (PER). Elles représentent des parts d’un ou plusieurs fonds d’investissement, des actions d’entreprises ou des produits structurés.
Rendement
En 2025, le taux de rendement des fonds en euros a été de 2,6 % net de frais de gestion selon France Assureurs. Les assureurs ont versé 2,2 % d’intérêts aux investisseurs après avoir retiré les prélèvements sociaux. Le pouvoir d’achat de l’épargne a progressé de 1,2 % en tenant compte de la hausse du coût de la vie en 2025.
Fonctionnement
Oui, la compagnie d’assurance garantit aux investisseurs le capital net investi (montant investi + intérêts déjà crédités). Vous avez ainsi l’assurance de récupérer au minimum les sommes investies. Toutefois, les intérêts versés par le fonds en euros ne compensent pas toujours la hausse du coût de la vie. Donc même si le capital est garanti, le pouvoir d’achat de l’épargne placée dans un fonds en euros peut baisser, comme ce fut le cas entre 2021 et 2023.
Les assureurs placent la grande majorité de l’argent des investisseurs dans des obligations émises par des États et des entreprises (près de 80 %).
En moyenne, ces émetteurs d’obligations ont reçu une note de crédit de A+. Ça veut dire que ces émetteurs présentent un risque relativement modéré de ne pas rembourser leurs emprunts. Enfin, les assureurs placent l’argent des investisseurs dans des actions (5 à 20 %) ainsi que dans l’immobilier (5 à 20 %).
Un contrat d’assurance-vie monosupport permet de placer votre argent uniquement dans un fonds en euros, sans unités de compte. MER commercialise le contrat d’assurance-vie monosupport MER Horizon + qui permet d’investir exclusivement dans un fonds en euros. De son côté, Ampli Mutuelle commercialise un contrat d’assurance-vie 100 % en euros réservé aux professions libérales.
Sources
Fonctionnement :
– Redistribution des bénéfices aux souscripteurs : Article A132-11 du Code des assurances




